Je suis tout simplement dégoûtée et débectée par ce qui m'entoure et ce qui s'accroit de
jour en jour. Une évolution dégoûtante et constante. Laissez-moi gerber. *
Merveilleuse, mais pas pour tous. L'espace d'un instant, je pourrais presque croire qu'ils sont vivants. Mais je m'égare.
Ils sont tous morts. Et pourtant je respire à plein nez leurs angoisses. Leurs petits chefs mesquins qui leur donnent des envies meurtrières. L'enfer c'est les autres parce qu'ils sont le reflet de notre vie misérable. Et dès lors que je croise un regard, je m'interroge. Le temps, comme suspendu. Immobile dans un monde qui bouge. C'est plutôt angoissant de vivre au ralenti dans un monde en accéléré. La jolie fille aux lèvres rouges étincelles sur un panneau publicitaire ne semble pas vivre davantage. Écartelée entre deux mondes, je ne distingue pas l'ombre d'une différence. Insecte, Insecte, je suis. . .
Insecte nous sommes. Et dès lors que nous nous retrouvons dos à terre sur notre carapace et qu'il
nous est impossible de nous relever, les pattes à l'air qu'on remue comme une Pute effarouchée.
Donner son cul ne marche même plus. Sauf si vous êtes dans le monde des pistons. Exposez donc votre petit trou à un vieux truc flétri, vous aurez peut être des avantages, voir une carriére prometeuse... C'est un cercle infâme, dégoûtant et dégradant. Et aussi dégueulasse soit-t-il, ça paie bien. Mais un jour où l'autre, tu te fais avoir, tu te fais embarquer ou tu finis droguée. Le bonheur ne s'achète pas, il parait. Il parait aussi qu'on ne choisit pas sa vie. Pourtant le monde ne jure que par l'argent. Et pour réaliser un tant soit peu ses rêves, ça pue encore le pognon. Et si tout était déjà tracée ? Ton camarade travaillera à la fac. Et toi, tu seras peut-être la prostituée du coin qui se vide les tripes au bar. Pas le même destin, mais on a le putain de même monde. J'aimerai comprendre le bonheur de certains. Ceux qui ne se plaignent de rien et qui ont ce sourire pétillant h-24 tel un présentateur de télévision. . .
je n'ai pas de quoi. Mais là... Un trop plein de sentiments me submerge et me donne la nausée.
J'aimerai comprendre le monde. J'aimerai comprendre la vie. Me dire qu'au fond tout n'est
pas si laid. Mais comment dire une chose pareille quand on se sent aussi dévasté qu'Hiroshima ?
Cela ne parait pas, mais sous mon emballage de fragilité se cache une petite chose
nerveuse, une boule de rage. Des nerfs prêts à exploser, un truc colérique qui aimerait
bien se taper la tête contre les murs. En profiter pour perdre deux-trois neurones et les étaler
un peu partout. Jouer avec et se dire que c'est tellement mieux et moins douloureux comme ça.
Mais ce n'est pas si simple. Toujours le même refrain.
Ma vie est un brouillon mal gribouillée. Et patati et patata.
L'impression de n'être qu'un mur de lamentations. . .
Ils se déguisent. L'original devient banal. Les artistes se font de plus en plus rares. Les écrivains ne font que
rabâcher les mêmes choses. La politique devient un évènement people. La mode devient de plus en plus de la merde.
Les gens se ressemblent tous et ils sont de plus en plus cons. Et moi, je me sens si vide et inexistante.
Je ne sais pas quoi faire de ma vie lorsque je vois ces cruautés défiler sous mes yeux apeurés.
![[ ♦ JE VOMIRAI LE MONDE S'IL LE FAUT. MAIS, JE NE SAIS PAS L'INGURGITER. ♦ ]](http://b6.img.v4.skyrock.net/b62/sandra-von-keller/pics/2028616683_small_21.jpg)